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Saint-Poncy

ÉGLISE SAINT-PONTIEN
Saint-Poncy et son église
 

L'étymologie de Saint-Poncy a fait l'objet de diverses théories ; selon certains, ce nom viendrait de Pont, de petit pont (lié à la présence de la rivière), d'un seigneur d'Aurouze nommé Pons qui détenait plusieurs fiefs dans la commune, d'un Pons qui fût évêque d'Auvergne en 1180, de Saint-Pontien, pape et martyr au IIIème siècle. Le titre le plus ancien relatant l'existence de Saint-Poncy date de 1001. Il s'agit de l'érection du prieuré de Rochefort sur l'Alagnonette en aval de Saint-Poncy, par Antoine de Rochefort. Entre cette date et le XVIème siècle, nous disposons de peu d'informations.
Le prieuré de Rochefort, le château, la chapelle qui lui étaient accolés ont été pillés et ruinés par les huguenots en 1550. Un nouveau prieuré dit de Saint-Jean avait été érigé à Saint-Poncy ; le bourg a eu deux églises jusqu'au passage, en 1657, d'une bande de recrues qui le dévastèrent.
L'église actuelle, inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, est donnée pour dater du Xllème siècle. En réalité, ne doivent remonter à cette époque que le chœur, l'abside et probablement deux piliers latéraux. La nef a été reconstruite au XVème siècle et agrandie, les chapelles latérales vraisemblablement érigées en même temps.
Des deux cloches existantes, l'une est datée de 1640, la seconde de 1839.
Des travaux importants furent réalisés au milieu du XIXème siècle ainsi qu'en témoignent les délibérations du conseil municipal de l'époque et la date figurant sur la clef de la deuxième travée de la nef.
Les voûtes en briques ont dû être construites à cette époque ainsi que la sacristie.
Le chœur présente la particularité d'être surmonté d'une coupole sur trompes  en cul  de four supportant le clocher. Cette coupole ne  s'élève pas comme en d'autres édifices (Dienne, Allanche) sur un plan carré mais sur un plan barlong, comme à Coltines.
Depuis quelques années des désordres importants étaient apparus dans la structure de l'édifice : fissures   sur toute la hauteur de la façade ouest et sur la voûte, entrées d'humidité, affaissement de la sacristie. Face à cette situation, le Conseil Municipal décidait en 1996 de procéder aux travaux de sauvegarde indispensables et, dans le même temps, à la restauration de l'intérieur. Cette opération a été confiée à Mr. Thouin, Architecte en Chef des Monuments Historiques.
La première tranche de travaux concernant l'extérieur a été achevée début 1998. Elle portait sur la mise en place d'une ceinture engravée dans les murs de façades afin de stopper l'évolution des fissures, la restauration du mur extérieur de l'abside en pierres apparentes, la mise en place d'un drainage périphérique. Les fouilles nécessaires à ce drainage ont mis à jour des sépultures très anciennes. Des sarcophages étaient alignés contre les fondations ; ils sont restés en place à la demande des archéologues présents qui se livraient à leurs investigations habituelles.
Cette opération nous a permis de trouver l'origine de l'affaissement de la sacristie : elle s'appuyait directement sur les ossement de l'ancien cimetière...
La seconde tranche relative à la restauration intérieure commencée en octobre 1998 a été terminée en avril 1999. Elle concernait la réfection des enduits, la réparation ou le remplacement des vitraux, la réfection complète de l'installation électrique, la mise en place de tapis chauffants, la restauration du mobilier, des statues, le remplacement de l'autel.
L'architecte a voulu ne pas substituer aux témoignages des siècles passés des solutions séduisantes pour nos esprits actuels, mais qui auraient compromis l'authenticité de l'édifice.
Ainsi, les murs extérieurs comme intérieurs ont conservé leur enduit à la chaux contrairement à une pratique fréquemment rencontrée visant à faire apparaître les pierres de construction Cette mode est en opposition avec les conceptions des architectes de l'époque, consacrant, notamment pour les murs intérieurs, la généralisation des enduits susceptibles de recevoir un décor. Les motifs et les teintes des décors vus aujourd'hui ne sont pas le fruit de l'imagination ; ils ont été réalisés à partir des éléments découverts sous les couches successives de badigeon. Les décors des arcs séparant la nef des chapelles seraient du XVllème siècle et ceux de la voûte du XIXème.
Cet édifice modeste, à l'aspect trapu, est en lien étroit avec les hommes et l’âpreté de la terre des temps passés. Ses proportions harmonieuses, sa sobre beauté, sont de nature à apporter à sa découverte une sensation de paix et de sérénité.

 

Il ne reste aujourd’hui que le pigeonnier du XVIIe siècle et deux caves qui menacent de tomber en ruine depuis déjà quelques années. Le pigeonnier est très proche de l’église du village, classée Monument Historique. Sa restauration permettrait de redonner le cachet original au village et même, selon le projet de l'Association des Amis de l'Ancien Presbytère de Leyvaux qui s'en est chargé, d'entamer sa revitalisation ... 

Repères historiques


Saint-Poncy se nommait jadis Saint-Pons (et aussi Saint-Pontin). Sa justice se partageait entre le prieur de Rochefort de Saint-Poncy, le seigneur de Nubières et le comte de Lastic.
Il a existé une famille de Saint-Poncy. On croit que Pons, évêque d'Auvergne en 1180, appartenait à cette famille. N. Léonard du Noyer fut baron de Saint-Poncy en 1620 et Michel de la Salle en 1640. Cette baronnie passa en 1689 dans la famille de Molen de la Vernède. Cette maison possédait les terres de Serre et d'Auriac, dans la paroisse, depuis plusieurs siècles. Louise de Molen était abbesse de Blesle en 1783. Le blasonnement de la famille Molen de la Vernède de Saint-Poncy était le suivant : d’azur, à trois sautoirs d’or, deux en chef et un en pointe. (voir diaporama)

Claude de la Rochette et N. Jean de Jacynes furent coseigneurs de Saint-Poncy.
Non loin du bourg, à Rochefort, il y avait un prieuré de l'ordre de Cluny. Il attenait à un château dont on retrouvait, en 1658, quelques ruines. Il a été fondé en 1001 par Antoine de Rochefort, qui avait épousé l'héritière de la famille d'Ally. (voir diaporama)

Blasonnement des Rochefort d'Ally
Cette fondation remonte à la même époque que celui de Bonnac. Les anciens bâtiments furent pillés et ruinés par les huguenots en 1550 et les biens usurpés par plusieurs seigneurs des environs. Des recrues, qui passaient en 1657 à Saint-Poncy, dévastèrent le prieuré et pillèrent le bourg. N.Crouzol fut le dernier prieur avant 1789.
L'église Saint-Pontien de Saint-Poncy
L'église de Saint-Poncy est très ancienne. Elle est dédiée à Saint Pontien, 18ème pape de l'église catholique et martyr au IIIème siècle. (voir diaporama)

La seigneurie de cette église fut donnée en 1070 à l'abbaye de Pébrac par Giraud d'Ussel. Le prieuré de Rochefort possédait une autre église dans le village, elle était placée sous l'invocation de saint Jean.
L'église Saint-Pontien est un petit édifice d'époque romane formé d'une nef de trois travées flanquées, à l'exception de celle de l'ouest, de bas-côtés, d'un chœur comprenant une travée droite et une abside en hémicycle. La première travée est la seule à ne pas posséder de bas-côtés et paraît avoir été ajoutée à la nef romane primitive. La travée droite du chœur est surmontée d'une coupole octogonale dont les trompes de départ sont en cul-de-four au-dessus d'une tablette.
A l'extérieur, le clocher légèrement barlong* s'élève au-dessus de la coupole. L'étage du clocher est surmonté par une flèche à quatre pans.
* En architecture, le massif barlong est un parallélépipède allongé transversalement (« barlong » signifiant « allongé transversalement ») qui surmonte la croisée du transept et est couronné par le clocher.