«Paysages» le 12 août 2017 à Saint-Flour

«Paysages»

12

Août

20h30

CHAPELLE DU GRAND SÉMINAIRE
SAINT-FLOUR

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GABRIEL URGELL REYES, piano
MUSIK’ART CANTAL 2017

PAYSAGES
Récital de piano (1h20)

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Gabriel Urgell Reyes vous propose un voyage musical à travers les œuvres pianistiques de trois compositeurs des XIXème et XXème siècles. Au moyen de pièces concises et profondes, le Polonais Frédéric Chopin, le Catalan Federico Mompou et l’Américain John Cage tissent, dans la diversité de leurs expressions, des paysages, moins descriptifs qu’intérieurs. 

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Frédéric CHOPIN (1810-1849)

24 Préludes Op. 28 (35’)

 
Par la structure de ses 24 Préludes Op. 28 (1836-1839), Chopin rend un hommage évident au Clavier bien tempéré de Bach. L’exploration des 24 tonalités est cette fois organisée en cycles de quintes qui font se succéder tour à tour les 12 tonalités majeures de leurs relatifs mineurs.
Chopin nous présente de très brèves pièces (plus de la moitié n’excèdent pas une minute) toutes en contraste les unes par rapport aux autres (tonalités majeures/mineures, alternance de tempi, de caractères...). Tantôt fulminantes, tantôt profondément nostalgiques, ces pièces sont autant de miniatures fulgurantes de clarté et de concision auxquelles le compositeur, contrairement à de nombreuses interprétations posthumes, ne souhaita jamais attribuer de titres évocateurs.

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JOHN CAGE (1912-1992)

Dream (7’)
In a landscape (8’)

 
Dream (« Rêve ») et In a Landscape (« Dans un paysage ») sont deux pièces composées en 1948, respectivement dédiées aux danseurs Merce Cunningham et Louise Lippold. Leur structure rythmique suit les motifs de danse des chorégraphies pour lesquelles elles furent composées.
Ces pièces modales alternent entre un nombre limité de modes et de hauteurs de sons. Par l’utilisation concomitante des pédales, soutenant la résonnance tout au long des compositions, Cage crée une musique qui semble suspendre le temps. La douceur et le caractère méditatif évoquent l’esthétique d’Erik Satie.

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Federico MOMPOU (1893-1987)

Chansons et danses (20’) 

La filla del carmesi / Danse de Castelltercol
Senyora Isabel / Galop de cortesia

Lento liturgico / senza rigore - Ritmado
Cantabile espressivo / Ritmado

La patum de Berga / Grazioso
La dama d’Arago / La mala nova


Le genre de la canción y danza (ou canció i dansa, tel qu’il l’écrivit d’abord, en catalan) accompagna Mompou toute sa vie durant. En cueillant dans les thèmes familiers de ses compatriotes, issus de la Biblioteca popular de l’Avenc, ce sont ses seules compositions à puiser ouvertement au folklore catalan.

Ces pièces, composées entre 1924 et 1980, sont structurées en deux parties, chanson puis danse, et font ainsi apparaître successivement des thèmes de chansons populaires (« La Filla del Carmesí », « La Senyora Isabel»...) et des mouvements de danses (menuet, sardane, liesse populaire au bal...) harmonisés ingénieusement et subtilement. Contrastes de tempi, de tonalités, de métriques, évoquant tour à tour allégresse, tristesse, fougue, recueillement ou encore plénitude, Mompou exprime avec profondeur, dans ces pièces concises imprégnées des accents de sa culture natale et à l’apparente simplicité, la multiplicité des réflexions et émotions humaines.

Pour écouter Gabriel Urgell Reyes au 35ème Festival de piano de La Roque d'Anthéron 2015, suivre ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=I2wDzeieh2o

GABRIEL URGELL REYES, PIANISTE & COMPOSITEUR

La radicalité de la démarche de Gabriel Urgell Reyes s’exprime à travers des interprétations intenses et des compositions transcendant les genres, aux influences internationales et profondément ancrées dans le 21e siècle.

Electroacoustique, prégnance rythmique, lyrisme exacerbé, s’allient à la haute technicité classique dans un décloisonnement magistral qui appelle le dépassement de soi, le sublime, le partage. L’audace tirée d’un parcours riche, fait de rencontres et de fractures. 

De son pays natal, Cuba, Gabriel Urgell Reyes porte l’exigence de la formation musicale issue du modèle russe, et une multitude d’influences des musiques populaires. Dès ses 10 ans, il remporte les plus grands concours nationaux de piano, avant de se présenter sur la scène mondiale.

Les prix de concours internationaux se succèdent : Città di Marsala (Italie), Ignacio Cervantes (Cuba), Frechilla-Zuloaga (Espagne)… tandis qu’il se forme auprès d’éminents intellectuels du pays dont la pédagogue Teresita Junco et les compositeurs Alfredo Diez Nieto et Carlos Fariñas. A 25 ans, il est nommé pianiste officiel de l’Orchestre Philharmonique de La Havane et professeur à l’Instituto Superior de Arte, peu après en avoir été diplômé.

Puis l’Europe. A son entrée à l’unanimité en Perfectionnement au CNSM de Paris en 2004, le Prix Blüthner de la Fondation Alfred Reinhold lui est décerné. Période de déracinement, mais aussi d’acquisition d’une liberté totale dans son jeu, et des moyens techniques de réalisation de ses ambitions artistiques.

Gabriel Urgell Reyes interprète des programmes faisant se rencontrer classiques européens et latino-américains sur de grandes scènes et festivals : Cité de la Musique de Paris, Salle Cortot, Opéra de Nantes, Festival International de Piano de Biarritz, Festival International de Piano de La Roque d’Anthéron, Teatro Arenal de Madrid, Media Center de Leipzig, … En 2015, son album Meeting Ginastera vol. 1 de musique classique latino-américaine est récompensé d’un Diapason d’Or.

Sa production musicale est une disruption, un déclencheur de perceptions décalées, qui trouve des expressions iconoclastes avec l’ensemble The Noise Consort. Le groupe se produit au Festival Elektricity de Reims, au Lieu Unique de Nantes, ou encore au Cabaret aléatoire de Marseille.

 


Gabriel Urgell Reyes utilise des dynamiques extrêmes.
Il en maîtrise de manière impressionnante la polyphonie.

PIANISTE & CLASSICA


SAINT FLOUR, Capitale religieuse de la Haute-Auvergne

En 1317, voici précisément 700 ans, la ville de Saint-Flour devient donc capitale religieuse de Haute-Auvergne. Investie de sa nouvelle fonction, elle doit se doter d'un séminaire pour la formation de ses futurs religieux. En 1650, l'évêque fonde le Séminaire Royal de Notre-Dame mais ce n'est qu'au XVIIIème siècle, sous l'impulsion de l'évêque et urbaniste Paul de Ribeyre, que le bâtiment prend sa forme définitive. Cet homme entreprenant, à la vision moderne, acquit un nombre important de terres et permit l'édification de la bâtisse.

Après la Révolution, le séminaire est transformé en école, avant d'être restitué au clergé en 1803. Au XXème siècle, le bâtiment reprend sa fonction initiale, celle de former les religieux et en 1946, il compte pas moins de 80 séminaristes.

Depuis une quarantaine d'années, le grand séminaire reçoit tous les ans une prestigieuse université d'été de mathématiques où des chercheurs, venus du monde entier, profitent de la quiétude de l'endroit pour partager savoirs et recherches.

À sa période de gloire, le grand séminaire accueillait de très nombreux jeunes séminaristes. Ils vivaient là, en autonomie, cultivant le jardin en terrasses attenant à la bâtisse. Avec une vue imprenable sur le bassin sanflorain, les futurs religieux pouvaient profiter d'un cadre propice à la réflexion et au travail.

En passant au premier étage du bâtiment, l'imposant escalier en pierre et ses marches galbées témoignent de l'incessant passage des séminaristes. À son sommet, des dizaines de cellules, aujourd'hui chambres de l'hôtel des Planchettes, tapissent un couloir de 60 mètres de long. 

Le grand séminaire reste, encore aujourd'hui, un peu plus qu'un hôtel. Couloirs, cellules, jardins et chapelle témoignent de siècles de méditation et d'étude.

La Chapelle du Grand Séminaire

Informations techniques

Dimensions

largeur = 24.60 m

hauteur de la tour = 35 m

longueur = 65 m

nef : - Hauteur = 16.50 m
- Longueur du vaisseau central = 44 m


Chronologie 

5ème siècle : Arrivée de Florus, apôtre de la Haute-Auvergne, sur le mont Indiciac.
A sa mort, construction d'un premier sanctuaire pour abriter son tombeau.

11ème siècle : Fondation du prieuré de Saint-Flour par Odilon de Mercoeur, abbé de Cluny.

1095 : La basilique romane est consacrée par le pape Urbain II.

1317 : Création du diocèse de Saint-Flour par le pape Jean XXII.
La basilique devient la cathédrale et le prieuré devient le Chapitre.

1398 : Écroulement du côté nord de la cathédrale.
L'évêque Hugues de Manhac décide de reconstruire la cathédrale malgré la guerre de Cent-Ans et les ravages de la peste. Il confie les travaux à Hugues Joly.

1466 : Consécration de la nouvelle cathédrale par l'évêque Antoine de Montgon.
La cathédrale est un vaisseau à trois nefs et quatre tours, dont deux sur les façades latérales. La cathédrale est construite en basalte dans le style gothique flamboyant.

1793 : Les quatre tours sont découronnées, les cloches et les statues brisées. L'édifice devient un "Temple de l'Être Suprême".

1802 : La cathédrale est rendue au culte catholique. Les deux tours de la façade occidentale sont relevées.
D'autres travaux de réparations sont nécessaires pour assurer la sécurité.

1804 : Mgr de Belmont, évêque de Saint-Flour, transfert la paroisse dans l'ancienne église des dominicains.

1846 - 1856 : Une restauration générale est entreprise.

1862 - 1866 : Démolition des deux tours latérales.

1906 : La cathédrale est classée Monument Historique.

1919 : La paroisse est transférée de l'ancienne église des dominicains à la cathédrale. 

L'altitude au parvis de la cathédrale (892 m) en fait la plus haute d'Europe.

Découverte en images...

Tout à fait en haut du séminaire, la grande chapelle trône. Avec ses 120 stalles, elle pouvait accueillir nombre de séminaristes pour les cérémonies religieuses.

Pour s'y rendre, il faut d'abord déambuler dans les ruelles exiguës du centre historique sanflorain. De la porte du Thuile, les ruelles plongent vers la ville basse.

C'est dans l'une d'entre elles, la rue des Planchettes, que la Chapelle du Grand Séminaire s'érige.

Aujourd'hui, essentiellement réservée à des célébrations religieuses particulières, elle accueille des congrès, des colloques et, parce qu'elle offre une acoustique incomparable, des concerts de musique. Des souvenirs de Baroque et Jazz - Affinités et connivences en septembre 2016 dans "Découverte en images".