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Quoi de plus naturel en Italie que de rendre à César ce qui est à César. Je considère, en effet, sans renier ni seulement oublier le génie propre à notre race, que l'expression artistique de notre culture est largement fécondée par les artistes italiens. Lorsque nous avons choisi de faire ce voyage avec Musik’Art, c’est parce que nous savions bien que nous sommes toujours les héritiers des civilisations grecque et romaine, mais également des artistes italiens qui y puisèrent plus tôt que les français leur inspiration. El celle-ci fut encore enrichie avec la prise de Constantinople, les voyages de Marco Polo les découvertes de Copernic et de Galilée. Ainsi l’art italien est-il le premier, dès la fin du moyen-âge à faire la synthèse des civilisations antiques et "modernes" et trace la voie à la renaissance en Europe.
Notre nouvelle conquête, pacifique cette fois, nous conduira des rives du Lac majeur et de Côme jusqu’aux rivages de l'adriatique ; des vestiges romains aux villas et palais somptueux du XVIII ème, du Roman au Baroque en passant par le Byzantin et en déclinant tous les styles Gothiques et de Giotto aux riches enluminures de l’art baroque ; soit près de 10 siècles et plus de 2000 Kms parcourus en 10 jours. Nous rencontrerons des personnages exceptionnels: Giotto avec ses premières tentatives de mise en perspective, Titien, le Tintoret, Véronèse, Donatello, Tiepolo et tant d’autres peintres architectes, sculpteurs mais également John Neumeier et Balthazar Galuppi.
Voilà ce que nous garderons en mémoire de ce magnifique voyage organisé par Nicole Chaumet et le Père Philippe Boyer : qu’ils en soient chaleureusement remerciés. Mais la raison seule ne permet pas de tout comprendre en Italie, il faut aussi la découvrir avec le cœur. Et nos cœurs ont été tour à tour émerveillés, émus, bouleversés. Emerveillés par les paysages grandioses des lacs, les monuments somptueux comme la villa Pisani, la basilique de Saint Antoine et le palais des doges, les trompes l'oeil subtils, les fresques pures et majestueuses, les peintures gigantesques (23 mètres de large et 7 m de haut) connue celle du Palais des doges (salle du conseil) les mosaïques, les dorures et les marbres à foison.
Emus par la solennité des enfilades de salles du palais des doges dans lesquelles s’est scellé le destin de tant d’individus de même par la salle de dissection de la faculté de médecine de Padoue qui a permis la formation de jeunes médecins pendant 500 ans. Emus aussi de pénétrer dans La Fenice restaurée pour y Voir un ballet d’un auteur contemporain. Surpris au début, on est vite emporté dans le tourbillon des tableaux successifs de cette Venise trouble et envoutante. Et que dire de la scuola grande di San Rocco : elle est éblouissante. La décoration intérieure procure un vertige d'admiration, le Tintoret en décora murs et plafonds d’une œuvre gigantesque. Les thèmes sont ceux de l‘Ancien et du Nouveau Testament : la Récolte de la manne, Moïse faisant jaillir l‘eau du rocher, le Miracle du serpent, en teintes vigoureuses, qui dressent un cadre grandiose pour écouter une œuvre grave et solennelle richement ornementée comme Foratorio de Galuppi. Oeuvre certes difñcile mais remarquablement interprétée tant par l'ensemble baroque de Bologne que par la Cappella Artemisia où l'on sent le souffle Sacré porté par une musique majestueuse avec un tutti final tout à la gloire du Dieu sauveur d'Israel. Bouleversés enfin par la foule qui se pressait en silence devant le tombeau de Saint Antoine et qui venait implorer son aide en touchant ou en embrassant avec respect le marbre sépulcral ; expression corporelle et gestuelle de la foi à laquelle nous ne sommes pas habitués.
Ce voyage partagé avec un groupe de personnes sympathiques, cultivées et aimant l'art fut une parenthèse de bonheur total.
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